Le Musée: temoignages de Marie Louise et de Napoléon

Le Musée, grâce à plus de 1000 pièces exposées, propose, parallèlement à la collection principale, d'autres sections qui brossent un tableau rapide de l'histoire de la ville de Parme dans les années qui précédèrent et qui suivirent le duché de Marie Louise. Un musée d'effets personnels, d'objets familiers de la vie quotidienne qui offrent au visiteur la possibilité d'approcher de plus près des personnages extraordinaires et une période marquée par une grande culture.

Dans le splendide Salone des Fêtes où trône l'imposant portrait de Marie Louise Impératrice, signé par R.J. Lefèvre, le visiteur découvrira l'élégante corbeille de mariage ouvre de Louis Hippolyte Leroy, cadeau de l'Empereur a sa femme, Napoléon Bonaparte dans un fusain de F. Gérard, le tableau représentant le Roi de Rome endormi par P. P. Prud'hon, ainsi que de nombreuses reliques, estampes et lettres d'époque. Les feux vêtement ayant appartenu à Marie Louise remontent quant à eux à la période ducale. Nous les voyons revivre à travers de nombreux objets à usage personnel et privé exposés tout au long du parcours du musée (bijoux, éventails, cristaux, dessins, nécessaires à couture, pêche, peintures etc.). De plus, on peut admirer un rarissime daguerréotype daté de 1847, la dernière année de vie de la duchesse. Les aquarelles de G. Naudin qui dépeignent l'intérieur du palais Ducal - détruit par la guerre - et présentant par là même un grand intérêt historique et documentaire, sont entourées de vues des différentes résidences de la souveraine, de petits tableaux des deux enfants nés du mariage morganatique de Marie Louise avec le général Neipperg ainsi que de nombreuses images des personnages qui gravitaient autour de la cour ducale.

Nombreux témoignages picturaux des école italienne et française des dix-huitième et dix-neuvième siècles parmi lesquels priment les ouvres de E. A. Petitot (1727-1801), génial architecte lyonnais à la cour des Bourbons à qui l'on doit des projets, des esquisses et des gravures inspirés de l'ouvre de renouveau néoclassique qu'il avait entreprise, mais aussi de Paolo Toschi (1788-1854), grand maître de la gravure sur cuivre, membre de la Société parmesane des graveurs à l'aquarelle, directeur de l'Académie des Beaux-arts et auteur d'extraordinaires séries de gravures, les plus belles entre toutes celles reproduisant les ouvres du Corrége et du Parmigianino. Citons également les précieux ouvrage typographiques et picturaux de Giambattista Bodoni (1740-1813), offerts à Napoléon et à Marie Louise à l'occasion de la naissance du Roi de Rome en 1811.

Les archives très fournies où sont consignées des lettres signées de la main de la souveraine, de la correspondance et des documents concernant les familles nobles de Parme et les personnages liés à la cour ducale, présentent elles aussi le plus grand intérêt.

PORTRAIT DE MARIE LOUISE
Marie Louise d'Autriche, second épouse de Napoléon, est l'un des personnages féminins les plus complexes et les plus contradictoires du XIXe siècle. Née le 12 décembre 1791, aînée de la Maison impériale de Habsbourg, elle épousa très jeune Napoléon, devenant ainsi l'impératrice des Français, un rôle difficile à assumer en plein cour d'une tempête politique qui devait bouleverser toute la géographie et l'histoire de l'Europe à travers l'ascension et le destin tragique d'un astre tel que Napoléon. Femme sensible, craintive, toujours empreinte d'une profonde humanité mais avent tout femme faible, victime d'un caractère soumis, élevée dans l'éducation restrictive de la discipline de fer régnant à la cour des Habsbourg, Marie Louise devient l'épouse de l'ennemi implacable de la Maison d'Autriche, Napoléon Bonaparte, avec qui elle vivra pensant quatre années. Marie Louise, plongée dans un tourbillon d'événement qui la dépassent, essayera d'être une bonne régente après la Restauration et le Congrès de Vienne en 1815, lorsq'elle se verra confier le gouvernement du Duché de Parme, Plaisance et Guastalla. Elle cherchera à Parme la sérénité familiale et l'amour, y compris filial, dont elle fut privée pendant toute sa jeunesse. La disparition du Roi de Rome, fils de Napoléon, viendra clore un chapitre douloureux de son histoire personnelle qui cache une profonde solitude. Marie Louise s'éteindra à Parme, en 1847, et sera enterrée a l'Eglise des Capucins de Vienne.

LE FONDATEUR DU MUSÈE: GLAUCO LOMBARDI
Le Musée doit son origine et son nom à l'activité laborieuse et infatigable avec laquelle le professeur Glauco Lombardi a recueilli les documents et les reliques se rapportant aux XVIIIe et XIX siècle, et notamment à la période du duché de Marie Louise (1816-1847). Né a Colorno en 1881, Glauco Lombardi commença très jeune ses recherches d'archiviste qui lui ont permis de faire des découvertes de taille et de recueillir des ouvres d'art et des témoignages historiques et documentaires importants, concernant notamment Marie Louise d'Autriche et Napoléon Bonaparte. La première grande collection, abritée au Palais Ducal de Colorno entre 1915 et 1943, s'est considérablement enrichie à la suite de l'acquisition, auprès du comte Giovanni Sanvitale, de nombreux objets ayant appartenu à Marie Louise et légués à la fille du comte Neipperg, Albertina Sanvitale Montenuovo. Ce n'est qu'en 1961 que les collections furent transférées a Parma, dans leur siège actuel du Palais de Réserve.

LE PALAIS DE RESERVE, SIEGE DU MUSÈE
Ce palais qui date du dix-septième siècle était destiné, à l'époque ducale, à d'importants services d'accueil de la cour: à l'intérieur, en effet, se trouvent le Teatro Ducale, édifié par Stefano Lolli en 1687, l' hôtellerie, dans laquelle étaient logés les invités illustres des ducs, et quelques appartements de la cour. En 1764 l'architecte E. A. Petitot transforma la partie du bâtiment qui abrite aujourd'hui le Musée en un Casino pour les nobles et la cour. Il fut aussi bien responsable de l'élégante façade néoclassique donnant sur l'actuel Piazzale della Pace et le dessin du splendide Salone des Fêtes aux décorations en stuc réalisées par Benigno Bossi.

 

 

 

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